Vianney Lecroart - acemtp Playground
Les 5 recommandations pour être certain de planter sa startup

On trouve trop d’articles sur le net décrivant les choses à faire pour réussir sa startup mais par contre on ne trouve pas d’article pour les entrepreneurs qui voudraient rater leurs startup donc j’ai décidé de combler ce manque.

Comme le dit Gilles Babinet, “réussir sans échec, (mais) c’est comme trouver de l’or du premier coup de pioche.”. Derrière beaucoup de projets à succès se trouvent des entrepreneurs qui ont planté plusieurs projets/startup dans le passé. Et comme les Shadok l’ont fait remarquer il y a des 10aines d’années : “La probabilité de réussir la mise sur orbite d’une fusée est d’une chance sur un million. Dépêchons-nous de rater 999.999 lancements !” et “en essayant continuellement on finit toujours par réussir. Donc plus ça rate, plus on a de chance de réussir.

Alors plus vite vous planterez vos premières boîtes, plus vite vous aurez votre startup gagnante !

Maintenant rentrons vite dans le vif du sujet, voilà mes conseils pour rater à coup sûr votre startup:

Développez votre projet en sous-marin le plus longtemps possible

La plus grosse erreur que vous pourriez commettre serait de sortir votre projet trop tôt, et une fois qu’il sera sorti, il sera trop tard pour faire machine arrière. Le plus sûr est donc d’attendre le plus longtemps possible avant de le sortir. Développez le maximum de features, peaufinez au maximum, faites, refaites jusqu’à ce que ça soit parfait. Comme cela, le jour de la sortie, tout le monde sera ébloui, impressionné et pleurera même de joie à la vue de votre projet si parfait et révolutionnaire (on appelle cela le WOW effet, aucun rapport avec world of warcraft)

Avant, pendant et après, n’écoutez surtout personne

Tout le monde le sait, quand on se lance dans un projet innovant, les autres ne comprennent jamais rien et ne voient jamais le potentiel hallucinant et révolutionnaire des projets, même si on leur prouve par A+B pendant des heures… donc pas la peine d’écouter avant de vous lancer. Une fois le projet lancé, on sait aussi que les clients ne sont jamais contents et ne comprennent jamais rien non plus, donc pas la peine de perdre du temps à les écouter non plus.

Attendez que le besoin devienne indispensable pour recruter la première personne venue

J’avais déjà écrit un article il y a quelques années sur comment recruter un mauvais ingénieur informatique. Il s’applique en fait bien pour recruter tout type de personne. Vous êtes à la pointe de l’innovation, vous n’avez pas le temps d’attendre, quand il vous faut quelqu’un, il faut que ça soit tout de suite donc le plus sûr est de lancer une annonce, attendre une semaine (voir même quelques jours) et choisir un de ceux là. Après tout, si les gars mettent plus d’une semaine à postuler, c’est bien qu’ils ne sont pas si intéressés que ça par votre projet. Prenez le CV qui vous impressionne le plus, et limite, engagez-le sans même le voir, après tout, votre temps est trop précieux pour faire ce genre de basses besognes.

Soyez innovant dans tout ce que vous faites

Avoir un projet innovant, c’est la base, mais il faut aussi prendre le dernier langage de programmation à la mode que personne n’utilise encore tellement il est révolutionnaire. Un OS, des frameworks, des lib, des outils de la même trempe. Bref, multipliez les risques dans tous les domaines, plus il y aura de risques plus votre succès forcera le respect.

Ne pensez pas à comment vous gagnerez de l’argent

Ça c’est évident, je me demande même pourquoi j’en parle. Votre projet sera utilisé par des millions, voir des milliards de personnes, donc un petit bandeau de pub et vous serez millionnaire en quelques jours (voir quelques heures). Pas la peine donc de vous casser la tête à faire payer les utilisateurs ou réfléchir à d’autres systèmes pour gagner de l’argent.

Voila, je pense que ces 5 recommandations sont un bon début pour arriver à vos fins et si par malheur vous appliquez ces règles et que votre startup est quand même un succès, n’hésitez pas à me contacter, je vous enverrai de plates excuses.

Lean Startups

Lean Startups”, ça ne vous parle peut être pas, je ne l’ai moi-même découvert que récemment, lors d’une soirée “Dojo Lean Startups”.

Mon premier objectif a été de trouver la définition de ce qu’est une “Lean Startups” et c’est loin d’être une mince affaire. Car comme souvent avec les nouveaux termes, beaucoup de monde se l’approprie et le détourne de son sens originel. 

J’ai bien connu ce problème avec l’avènement des méthodes agiles. Prenez l’”Extreme Programming”, cette méthode définit un ensemble de pratiques concrêtes à appliquer, comme par exemple, avoir des tests unitaires, faire de l’intégration continue etc… Il y a donc peu d’interprétation possible et il est facile de dire si une startup pratique l’Extreme Programming ou pas. 

A contrario, la méthode agile SCRUM ne liste pas de recettes à appliquer directement. On y parle de concepts comme des sprints, des backlog, de l’itératif. Chaque entreprise doit donc trouver ses propres pratiques pour appliquer SCRUM. L’avantage certain est que SCRUM parait beaucoup plus flexible et facile à mettre en place que l’Extreme Programming car on peut faire un peu comme on le souhaite. L’inconvénient est que lorsque l’on présente SCRUM à de nouvelles personnes, elles pensent toutes déjà faire du SCRUM car la part d’interprétation est grande.
Mais le vrai problème arrive quand ces personnes présentent SCRUM aux autres, ils présentent leur façon de voir SCRUM. L’exemple le plus significatif qu’il m’ait été donné de voir fût lors d’une conférence sur SCRUM à la GDC (une conférence pour les développeurs de jeux vidéo) à Lyon. L’orateur expliquait que le fait de “tri-nomer” un game designer, un graphique et un programmeur ensemble faisait partie la méthode SCRUM. Une fois les participants sortis de la salle, ils étaient tous persuadés que pratiquer SCRUM passait (entre autre) par le regroupement de différents corps de métier. 

Bien évidemment, vous ne trouverez aucune référence à cela dans la méthode SCRUM.

Tout ça pour en venir où me direz-vous? Pour en venir au fait que SCRUM et “Lean Startups” partagent ce même problème. C’est avant tout une philosophie, une culture d’entreprise qui n’a pas de pratiques concrètes à suivre à la lettre pour être ou ne pas être une “Lean Startup”.

Revenons en à la source, “Lean Startup” est un terme inventé en 2008 par Eric Ries (article) pour définir les nouvelles tendances que prenaient les startups. La définition est à la fois simple et vague. Une “Lean Startup” utilise 3 tendances:

Voila, c’est tout! La philosophie derrière ça est très claire: Développez vite, confrontez votre développement aux clients le plus tôt possible, ajuster le en fonction des réactions de ces derniers et recommencer à développer vite… (J’utilise le mot développement au sens large, le développement peut être la rédaction d’un business plan et les clients sont alors les futurs clients ou futurs investisseurs).

Comme je le disais plus haut, il est toujours tentant de vouloir spécifier de façon plus rationnelle un ensemble de concepts aussi généraux, et ainsi, en 2010, Ash Maurya écrivait : “Lean Startup” est « un processus rigoureux pour itérer d’un plan A à un plan qui fonctionne ». Ce qu’il explique est très intéressant, il a une approche qui mérite que l’on s’y attarde mais on est loin de la définition initiale de Eric Ries d’une “Lean Startup”. Ash Maurya, en participant souvent à des conférences sur le sujet, dénature les concepts fondamentaux de Eric Ries. Il devient de plus en plus compliqué de savoir ce qu’est vraiment une “Lean Startup”.

J’ai toujours aimé et activement promu la philosophie qui découle des méthodes agiles et voir aujourd’hui ces méthodes s’étendre à toutes les parties d’une startup me plaît beaucoup. C’est une approche très pragmatique qui permet de confronter rapidement son idée ou son produit au monde réel et éviter ainsi de perdre son temps et son argent (ou pire, celui des autres).

Je pense que vous n’avez pas fini d’entendre parler de “Lean Startups” dans le monde des startups et de l’entreprenariat !

Cycle de vie d’un utilisateur sur un produit

Cet article décrit bien les différentes étapes qu’une personne franchit pour passer de “ne connaît pas le produit” à “utilisateur passionné”.

Beaucoup d’entreprises passent tout leur temps pour les “utilisateurs réguliers” (c’est à dire le produit en lui même) et pas assez (voir pas du tout) pour les autres types d’utilisateurs.

L’exemple le plus flagrant, c’est le produit où pour, ne serait ce que voir à quoi il sert, il faut d’abord s’inscrire. Imaginez la barrière d’entrée! Autant dire que ce genre de site risque de perdre un nombre élevé d’utilisateurs potentiels car à l’étape “ne connaît pas le produit”, l’utilisateur ne veut pas utiliser le produit et encore moins s’inscrire, il veut juste avoir des réponses à ses questions, à quoi çà sert, en quoi ça peut m’être utile etc… Le bloquer avec un système d’inscription à ce niveau la l’empêche de passer de l’étape “ne connaît pas le produit” à l’étape “intéressé par le produit”.

A l’opposée, et c’est ce qui a fait de ce produit un succès énorme, nous avons Etherpad. Aucune barrière d’entrée, la première page explique simplement le produit, on peut l’utiliser immédiatement sans inscription et si on est fan, on peut s’inscrire pour avoir des fonctions en plus. Tout est fait pour que la personne passe de “ne connaît pas le produit” à “utilisateur passionné” de manière fluide.

Si vous avez un superbe produit qui répond aux “utilisateurs réguliers” mais que vous ne faites rien pour aider les “ne connaît pas le produit” à devenir des “utilisateurs réguliers”, votre produit ne fonctionnera pas. Passez du temps et réfléchissez bien à comment fournir à chaque type d’utilisateurs ce qu’il demande.

Bootstrap un projet avec réseau sociaux

Je vois souvent passer des idées de startup qui ont un point commun; pour qu’elles puissent fonctionner, elles ont besoin de l’œuf et de la poule en même temps.

Je m’explique, prenons l’exemple d’un site web immobilier. Pour que des acheteurs aillent sur le site, il faut qu’il y ait suffisamment d’annonce de biens immobilier dans la zone de recherche de l’acheteur. Et pour qu’il y ait des biens immobiliers, il faut que les vendeurs voient qu’il y a beaucoup d’acheteurs potentiels sur le site. Pour lancer un projet comme cela, c’est vraiment pas simple car les vendeurs ne veulent pas perdre leur temps à mettre leurs annonces sur le site car il n’y a pas d’acheteur et les acheteurs ne restent pas sur le site car il n’y a rien à vendre…

Pour faire un réseau social, c’est pareil, si sur Facebook il n’y avait pas déjà beaucoup de ses amis, on l’utiliserait sûrement pas. Mais la brillante idée de Mark Zuckerberg a été la suivante; plutôt que de jouer au mégalo et de lancer Facebook sur la terre entière en demandant à tout le monde de s’inscrire car c’est génial, il a d’abord commencé par ouvrir son site uniquement à une clientèle très restreinte, les étudiants de son école. Au début, il fallait être à Harvard pour pouvoir s’inscrire et profiter de facebook. C’était alors plus facile de convaincre une grande partie de ces utilisateurs car c’était principalement des gens qui se connaissaient déjà.

La 2eme étape a été d’ouvrir Facebook uniquement aux universités américaines, il fallait une email en .edu pour s’inscrire.

En ouvrant graduellement le site à un marché de plus en plus grand, cela permet d’augmenter les chances que des gens se connaissent et donc restent. Ca créé un noyau dur qui va grandir petit à petit.

Alors si vous vous lancez dans un service qui a besoin d’un bootstrap, pensez à cette méthode, cherchez un groupe de personne très ciblé et facile à contacter en premier, faite le devenir accro à votre service et une fois que c’est fait alors vous pouvez penser à agrandir le cercle.

Ne cherchez pas à plaire à tout le monde

Si je croisais Lady Gaga dans la rue, je ne la reconnaîtrais surement pas. Mais si on lui disait, je doute que ça lui pose un problème que je ne la reconnaisse pas. Elle n’a pas besoin que tout le monde la reconnaisse et aime ce qu’elle fait pour être riche et célèbre.

Quand on développe un produit, c’est pareil, il ne faut pas chercher à tout prix à plaire à tout le monde, c’est peine perdu et si vous essayez, vous allez obtenir un produit sans âme que finalement personne ne voudra.

Quand Apple décide de ne pas mettre Flash dans leur iPhone, c’est un choix qui a été très critiqué et beaucoup de monde en a profité pour râler mais ça n’a pas empêché le succès du smartphone.

Ne croyez pas qu’en disant oui à tout le monde et pour tout, vous aurez un meilleur produit, ce n’est pas le cas. Il faut parfois dire non, faire des choix en étant conscients que ça ne plaira pas à tout le monde, mais ce n’est pas grave! Expliquez à ceux qui ne sont pas content pourquoi ces choix ont été fait et si ça ne leur plait toujours pas, invitez les à aller voir la concurrence car de toute façon même si ils avaient achetés votre produit, ils n’en auraient pas été satisfait et aura fait de la mauvaise pub.

Alors s’il vous plait, oubliez votre idée de faire un mmorpg pour les 7 à 99 ans qui plaira autant aux hardcore gamers qu’aux casual gamers, autant les femmes que les hommes, dans tous les pays du monde et sur tous les ordinateurs, téléphones portables et tablettes existants! Sur le papier, c’est sur que ca fait un marché immense, dans la pratique, personne ne l’achètera car à vouloir plaire à tout le monde, ça ne plaira à personne!

Motivation professionnelle

Au niveau professionnel, ce qui me fait avancer et ce que je cherche avant tout, c’est de construire; Transformer une idée sur un bout papier en projet utilisable et rentable.

Monter la société, recruter les personnes, travailler ensemble, trouver les solutions aux milliers d’obstacles qui se dressent inévitablement devant tout projet et puis… le jour J, sortir le projet (c’est un moment vraiment génial).

C’est pour ça que je me sens bien dans les startups, il y a de l’action, toute l’énergie est dédiée au projet, il y a peu de place pour faire de la politique interne ou des réunions pour faire plaisir aux chefs, les choses avancent vite et tout le monde avance dans la même direction. L’autre coté qui me plait aussi dans les startups est qu’il faut être sur tous les fronts, un jour on fait de l’administration, un autre du recrutement, un autre on programme ou debug, encore un autre il faut décider de la stratégie à adopter ou du positionnement du projet.

J’aide régulièrement des startups ou porteur de projet quand ils me le demandent car j’ai déjà vécu ca, je connais la difficulté qu’il y a de se lancer dans ce genre d’aventure mais c’est vraiment très intéressant et gratifiant. Les fondateurs prennent des risques et j’aime aider ceux qui ont le cran de se lancer.

Et vous, que cherchez-vous à atteindre dans votre vie professionnel? qu’est ce qui vous motive?

Comment se démarquer des autres entreprises et réussir?

J’ai plusieurs sociétés qui me servent comme modèles. Il y a bien sur Google (ca t’étonne Darky ?), Fog Creek mais il n’y a pas que dans l’informatique que je trouve mes modèles. Le dernier en date, c’est une société qui vend des chaussures sur Internet… Quoi de plus banal, il y a des 10ene de milliers de sites d’e-commerce rien qu’en France, comment se démarquer !

Imaginez une entreprise américaine qui rembourse elle-même 100% des soins de santé de leurs employés. Qui paye 4 semaines de formation à chaque nouvel employé qui bosseront dans leur callcenter (qui ce trouve en Amérique, dans les locaux même de la société et non pas délocalisé). Qui ensuite leur propose même de l’argent pour quitter la société ! Nourriture gratuite pour tous les employés. Et les clients ? Frais de livraison gratuits en service rapide et même possibilité de rendre les chaussures gratuitement… 365 jours après les avoir commandés ! Pour cela, dans chaque colis, ils fournissent en même temps que les chaussures un bordereau UPS prépayé pour les retourner.

N’importe quel banquier ou entrepreneur dirait que c’est du suicide. Une telle boite ne pourrait jamais gagner d’argent avec ce genre de pratiques ! Et pourtant… La société, Zappos, existe bien depuis 9 ans, et a fait près d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire cette année… Et s’est même fait racheté par Amazon pour la modique somme de 979 millions de dollars. Pas mal pour une société d’e-commerce de chaussure !

En tant qu’entrepreneur, on lit toujours qu’il faut être innovant, faire quelque chose de jamais vu si on veut réussir. Baisser les coûts, exploiter au maximum les employés, abuser les clients, faire un maximum de pub… C’est clairement du capitalisme archaïque. Il y a un gros marché pour les entreprises qui dépensent leur argent dans le service et dans la qualité, et ce, quelque soit le domaine d’activité car les clients en ont marre d’être pris pour des lapins de 3 semaines.

Mon rêve serait de monter ou de travailler dans une entreprise ayant ce genre de valeurs ! N’hésitez pas à me contacter si c’est le cas ;-)