J’ai déjà parlé du blog de Steve Pavlina dans un précédent ticket mais je tenais à parler d’un des sujets en particulier qu’il a abordé dans un podcast et cela pour plusieurs raisons : Il est en anglais et tout le monde ne comprend pas l’Anglais, le podcast dure plus de 40 minutes et tout le monde n’a pas 40 minutes pour l’écouter et pour finir parce que ce podcast m’a permis de surpasser une de mes plus grandes peurs… C’est une libre interprétation du podcast de Steve (avec son consentement) qui est sous copyright et je vous invite à l’écouter et visiter son excellent blog.
La peur décrite ici n’est pas la réponse automatique créée par le subconscient lorsqu’il est en danger de mort mais bien la peur qui ne met pas notre vie en danger, par exemple la peur du rejet, la peur d’aller parler devant un auditoire… Ce qui est important de bien comprendre est que ce n’est pas l’objet de la peur qui est le problème mais la peur en elle-même. Dans l’exemple de la peur du rejet, se faire rejeter n’est pas le réel problème, ce n’est pas en se faisant rejeter moins souvent que la peur disparaîtra, le véritable problème est la peur du rejet en elle-même. N’est-ce pas idiot d’avoir peur de demander un rendez-vous ou de demander une augmentation à son boss ? Après tout, ce ne sont pas des situations qui puissent mettre votre vie en jeu. Alors pourquoi avoir peur ?
La première étape pour surpasser ses peurs est de bien identifier la peur en elle-même et non l’objet de la peur. Dans un deuxième temps, il faut réussir à créer une résistance à cette peur, créée par le courage.
C’est comme en musculation, surpasser ses peurs est similaire à se muscler ; on commence par de petits poids, et au fur et à mesure que l’on prend du muscle, on est capable d’augmenter les charges. Avec la peur, on commence par surpasser de petites peurs qui font augmenter le courage et au fur et à mesure que l’on prend confiance en soit et que le courage augmente, on s’attaque à de plus grosses peurs. La peur est toujours là mais on la contrôle. Par exemple si on a peur de demander un rendez-vous galant, on peut commencer par un exercice plus simple comme se balader dans la rue et dire bonjour aux passants. Au bout d’un moment ça deviendra facile et il sera alors possible de passer à un exercice plus difficile. C’est exactement comme en musculation, ça ne marche pas de sauter directement sur les poids les plus lourds en se disant que l’on deviendra musclé plus rapidement, il faut franchir les étapes une par une progressivement.
Commencer par de petites peurs et augmenter au fil du temps permet d’aller loin. C’est une bonne façon de se forger du courage et de dépasser ses limites fixées par la peur.
C’est une bonne façon d’aborder la peur mais une solution plus radicale consiste à diminuer la valeur de la peur. Le but n’est plus d’augmenter sa résistance à la peur par le courage, mais que la peur ne soit plus ce qui arrive en premier lieu. Augmenter sa résistance à la peur est bien mais cela n’empêche pas de devoir faire face à la peur, il est seulement plus facile d’y faire face. Le mieux serait de ne plus avoir peur du tout mais bien sur cela est beaucoup plus dur à atteindre. Il faut réussir à changer sa façon de penser, sa façon de concevoir la peur plutôt que juste travailler sur son courage. Il faut comprendre pourquoi la peur se crée mais avant cela il faut d’abord comprendre d’où vient la peur.
La peur ne vient pas de l’objet de la peur mais du modèle mental de la réalité que l’on se fait. Elle vient du système des croyances que l’on s’est créé au fil des années. Imaginons que vous deviez parler devant une audience et comme beaucoup, vous avez peut-être peur de parler en public. Est-ce que c’est la mission en elle-même qui vous fait peur ? Non. A ce moment donné, la conférence n’a pas encore lieu et n’existe pas encore dans la réalité, ce qui vous fait peur n’est pas la mission mais la réaction que vous faites face à ce modèle mental de la réalité que vous avez créé. Pourquoi êtes-vous nerveux quand vous demandez à quelqu’un un rendez vous galant ? De peur de vous faire rejeter ? Non. Ca ne s’est même pas encore passé au moment où vous êtes nerveux. C’est votre seule pensée qui vous fait peur. Ce n’est pas la réalité en elle-même. Si vous avez des peurs, quelles qu’elles soient, c’est que votre modèle mental de la réalité a faux. Votre modèle est inexact. Si vous aviez un modèle exact, vous n’auriez jamais peur. Pensez donc comme cela « Si vous avez peur, vous avez tord ». La peur est le signal que vous avez fait une erreur mentale et que vous devez vous corriger. Si vous avez une peur, traitez-la comme un message qui vous dit que vous devez grandir mentalement. Vous devez tracer cette peur jusqu’à sa source, et si vous y arrivez, vous tomberez nez à nez avec la vraie raison générant cette peur. Continuez, et vous réaliserez que c’est une erreur et la peur va disparaîtra naturellement.
Reprenons l’exemple de la conférence. Vous avez peur de faire une erreur et même pleins d’erreurs devant beaucoup de monde, et si cela arrive, vous allez être embarrassé et humilié. Ca vous rend stressé et nerveux de penser devoir parler en public. Remontons à la source de la peur pour mieux la comprendre. Un peu comme si vous débuguiez un logiciel, il faut se poser des questions et remonter la pile. Dans notre cas, il est sûrement vrai que vous allez faire des erreurs pendant votre présentation, même si vous la préparez bien et encore plus si vous n’avez pas l’habitude de parler en public. Cette partie est donc correcte. Maintenant regardons le coté de l’embarras. Vous allez être embarrassé d’avoir fait des erreurs pendant votre présentation ce qui est une expérience douloureuse. La plupart des gens seront d’accord pour dire que l’embarras est une expérience négative. Mais est-il nécessaire d’être embarrassé quand on fait une erreur pendant sa présentation ? Oui ? C’est peut-être là l’erreur… Ce n’est pas nécessaire du tout. Les gens font tout le temps des erreurs sans être embarrassés alors pourquoi vous ? Quand vous arrivez à ce stade de la réflexion, il faut continuer à creuser pour comprendre d’où cela provient. Et vous allez arrivez sur une croyance de la réalité. Sur la liste que vous avez créée de ce qui est pénible ou pas dans la réalité. Dans ce cas, une ou plusieurs de vos croyances concernant la réalité vous conduisent à cette fausse conclusion que faire une erreur en public est embarrassant. Beaucoup de gens sont tellement attachés à leurs croyances qu’ils prennent du recul et disent « oh non, je ne peux pas changer cette croyance ». Le problème avec ce genre de réflexion est que vous êtes bloqué dans vos propres peurs. Vous devez pouvoir accepter de jeter cette fausse croyance pour rendre votre modèle mental plus proche de la réalité. Pourquoi avoir peur de faire une erreur en public ? Est ce une question de vie ou de mort ? Est-ce que vous devez déclencher votre instinct de survie ? Bien sûr que non ! Vous n’avez pas besoin d’être embarrassé et d’avoir honte de faire une erreur ! Imaginez votre modèle mental de la réalité comme un logiciel plein de bug (fausses croyances) qui génère des plantages (des peurs). Vous plantez dans le sens où vous ne réagissez pas intelligemment. Vous prenez une décision inexacte parce que votre logiciel est bogué. Ce que vous avez à faire est de remonter vos croyances, de trouver laquelle est boguée et la retirer. Ce n’est pas un processus que vous pouvez faire en une nuit, ça peut prendre des années mais chaque fois que vous réussissez à éliminer une fausse croyance, vous en sortez grandi…
Je ne parlerai pas des 25 minutes restantes du podcast qui aborde la vision de Bouddha, de la non dualité et d’autres sujets vraiment intéressants mais trop longs à expliquer ici.
Après avoir écouté ce podcast et l’avoir digéré, j’ai pu affronter une de mes plus grosses peurs, parler anglais. Pour beaucoup ça parait être une peur bien idiote et infondée mais j’ai toujours eu peur de ne pas réussir à comprendre ou exprimer ce que je voulais dire en anglais. Après un processus de réflexion j’ai réussi à augmenter mon courage face à cette peur et à franchir le pas. J’ai eu l’occasion de faire plusieurs entretiens téléphoniques en anglais pour un job et j’ai pu m’apercevoir par moi-même que cette croyance ancrée depuis longtemps au plus profond de moi était infondée. J’ai réussi à l’éliminer, au moins en partie et franchir le pas avec succès, ce qui m’a procuré un vrai sentiment de réussite et de confiance en moi…